Et je pousse un long soupir en arrivant dans ma chambre. Ma nuit a été dure. Je referme la porte derrière moi et me débarrasse de mes bottes, en remarquant au passage qu'il y a des résidus de la soirée collés aux talons. Il est 6 heure 04. Mon réveil me l'affiche en grosses lettres rouges. M'affaler , vite. Le lit? Non, impraticcable trop de choses se sont entassées dessus. J'arrive , en enjambant diverses choses ,à atteindre mon canapé. Je m'allonge totalement désarticulée, froissant-écrasant tous ce qui étaient déjà dessus. Je jette un rapide coup d'oeil autour de moi. Bon dieu, ma chambre est un véritable désastre écologique à elle toute seule: du papier partout. Feuilles volantes, notes, cours, dossiers eparpillés, revues, journaux, rock'n folk, les inrock', des bouquins...Mes cheveux tombent sur mes yeux fatigués d'en avoir trop vu cette nuit. Ils sentent la fumée...
Ai-je eut raison de lui dire çà hier soir? De lui balancer ses quatres vérités sans prévenir? Ai-je eut raison de m'enfiler ensuite autant de vodka-gin-tonic pour éviter son regard? Alors qu'ensuite la lune s'est inversée et l'ivresse nous a emporté...
Je ferme mes yeux rougis. Je n'arrive pas, plus à dormir. J'ai l'impression d'être une chose placée dans un décor, qu'on aurait oublié de ranger. Hors du temps.
J'ai encore l'ombre de ses doigts sur ma main. "Tu me fais mal de penser à toi", pensai-je avec amertume.
Je me lève, j'ai les jambes en compote. Des courbatures dans le dos. Cherche mon MP3. Au bout de cinq minutes d'expédition dans mon incroyable bordel, je le trouve. J'allume, me rallonge. Merde. LA chanson à éviter: mes écouteurs martellent "regarde toi-dans les yeux". Mes yeux s'embuent.Je veux oublier. J'ai mal. Mon coeur ordonne d'éteindre la musique mais ma tête empêche mes mains de réagir. Ma raison écrit en rouge sur mon front "PUNITION:ASSUME". Ecoute , souffre et regrette (s'ensuit la règle des trois "n", comprenne qui pourra).
"T'as eut ce que t'as voulut, même si t'as pas eut ce que t'as voulut", et soudain ses mots entendu quelques jours plus tôt prennent sens dans mon esprit, je comprend.
Il m'a eut. Mais je suis Renarde et il le sait. Je relève les yeux. La même en différente. La housse de guitare git au sol. Mister choc. Je met la guitare dans sa housse, renfile mes bottes. J'ai du plomb dans la cervelle et un éclair dans les yeux quand je ressort de chez moi. Guitare sur le dos, je vais saluer le lever de soleil.
=aston villa regarde moi=